PUISSANT MARC

 

Poèmes

Cette partie du site présente les poèmes écrits par Puissant Marc pendant son hospitalisation à Bordeaux du 17 septembre au 20 décembre 1914.

Marc a 21 ans lorsqu’il les compose. Ils témoignent d’une grande sensibilité et d’une maîtrise parfaite de la langue française. Les formules et le vocabulaire sont variés. Il n’a pourtant que son certificat d’études et vit dans un milieu ouvrier de ferblantiers. L’écriture manuscrite elle-même est très maîtrisée comme en témoignent les duplicata du petit recueil de ses poèmes.

Il a certainement écrit d’autres poèmes avant ceux-là mais je n’en ai pas la trace. Il devait lire aussi. Beaucoup, et depuis longtemps. Il posait sur la vie simple des ouvriers un « doux regard », comme il dit. Hélas, le destin l’a transformé en guerrier, et cela lui fut fatal.

En janvier 2015, un membre de la famille Puissant a retrouvé d’autres écrits de Marc, des paroles de chansons, dont l’une, visiblement, a été écrite à Poitiers, dans le régiment où il était mobilisé en août 1914. Les deux autres semblent avoir écrites dans l’hôpital de Bordeaux elles aussi.

Couverture

Vers et poésies - Souvenir
Puissant Marc 1914
Blessé le 17 septembre 1914 à Baconne Bataille de la Marne.
Sorti de l’hôpital le 20 décembre 1914.

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Enfin le jour de la vengeance a sonné
Vers les barbares d’Outre-Rhin, les regards sont tournés
Et l’on voit les yeux de nos vieux combattants
S’illuminer de joie et d’un désir ardent...

Brave petit soldat

Courageux soldat français, à l’allure si fière
Dont le doux regard brille d’une ardeur guerrière
Pour aller défendre ta patrie menacée.
De suite vers la frontière tu fus prêt à marcher...

Une pensée

Dans l’hôpital militaire situé passage Leydet,
Plusieurs blessés, d’un œil plus ou moins discret
Discutent avec entrain, les nouvelles de la guerre
Et louent l’héroïsme de la noble Angleterre...

A nos infirmières

Minuit vient de sonner dans tous les quartiers
Partout les cafés, depuis longtemps déjà sont fermés,
Seul le morne silence est quelquefois troublé
Par une sirène lugubre, ou un passant attardé...

Les réfugiés

Sur les grandes routes de notre belle Champagne
Marchant par tout les temps, à travers la campagne
De nombreux réfugiés, chassés par l’invasion
S’en vont timidement, montés sur des camions...

A Monsieur Dreyfus

Lorsque dans ce dimanche, après un serrement de main
Vous nous avez quittés pour ce Paris lointain,
Nous avons éprouvés du fond de notre cœur
Qu’en vous nous perdions un précieux bienfaiteur...

A cet ami Carichon

Lorsque pour la première fois, j’ai pu t’apercevoir
Ce fut à l’hôpital dans le gracieux dortoir,
Où nuit et jour veillent de braves infirmières
Seconder dans leurs tâches, d’infirmières auxiliaires...

Mes pensées à Cognac

Lorsque je dus partir, pour défendre la France
Laissant à la caserne de nombreuses connaissances
J’eus le cœur bien gros, en songeant qu’à Cognac là-bas
Je laissais des parents, des amis, que je reverrais peut-être plus...

La Contentinière

Lorsque le soleil éclaire de ses blancs rayons,
Les prairies verdoyantes, où voltigent les papillons,
Quoi rêver de plus beau, pour un brave travailleur,
De pouvoir se reposer, après une semaine de labeur...

Les Trois Couleurs d’Alsace

Nous sommes là, fils de la France
Depuis longtemps nous attendions
D’aller vers vous avec vaillante
Vous délivrer de ces teutons...

Pitié mon Dieu

Pitié mon Dieu, c’est pour notre Patrie
Que nous prions au pied de cet autel
Les bras lies et la face meurtrie
Elle a porté ses regards vers le ciel...

Notre Dame de la Victoire

Vois à tes pieds, Vierge Marie,
Se prosterner tous tes enfants
Pour la France, pour la Patrie
Ils joignent prière et chants.

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